Nombreux sont ceux qui croient que le chemin vers le bonheur passe par l’égoïsme. Pourtant, de nombreuses recherches suggèrent le contraire : faire preuve de bienveillance envers autrui contribue à améliorer notre santé mentale. En effet, des gestes simples, comme aider une personne âgée à traverser la rue ou s’engager dans des activités de bénévolat, peuvent apporter plus de satisfaction que des actions centrées sur soi-même.
Un institut de recherche a récemment mis en lumière cette dynamique. Au cœur de l’étude, menée pendant la pandémie de COVID-19, le bien-être mental d’une partie de la population s’est effondré. Les épisodes d’ angoisse et de dépression ont atteint des pic alarmants, en partie à cause du confinement et du manque d’interactions sociales. Dans ce contexte, ceux qui se sont engagés à aider les autres ont vu leur santé mentale s’améliorer. Pas étonnant, car ils avaient l’occasion de renouer des contacts humains, bien que difficiles à établir à cette période.
Les bienfaits de la bienveillance pour la santé mentale
D’après des études menées au fil des ans, la bienveillance a un effet bénéfique et réciproque sur notre bien-être. Être traité avec gentillesse nous fait du bien, mais lorsque nous montrons de la bienveillance, nous récoltons également des avantages significatifs pour notre santé mentale. Par exemple, une recherche de 2022 a regroupé 122 personnes présentant des symptômes de dépression et d’anxiété en trois équipes. La première a réalisé des actes de bonté, la deuxième a participé à des activités sociales, tandis que la troisième a suivi une formation sur la réévaluation cognitive, axée sur les pratiques de la thérapie cognitive-comportementale.
L’importance de la connexion sociale
Les résultats ont été frappants. Tous les participants ont constaté des améliorations, mais celles-ci étaient particulièrement marquées chez ceux qui avaient réalisé des actes de bonté. Ils se sont également sentis plus connectés socialement que les membres du groupe d’activités sociales. Cela ne doit pas nous faire oublier que le bénévolat n’est pas une solution miracle à remplacer la consultation d’un professionnel de la santé mentale. Toutefois, il apparaît clairement que même un engageant bénévole peut être un complément utile à une thérapie.
Une autre étude, réalisée en 2020 avec 777 participants, a également mis en avant des résultats similaires. En divisant les participants en trois groupes – l’un axé sur la bienveillance envers soi-même, un autre sur des actes de bonté envers autrui, et un groupe témoin – les chercheurs ont observé que tant l’autosoin que la bienveillance avaient un effet positif sur la santé mentale. Cependant, ceux qui ont pratiqué des actes de bonté pour les autres ont bénéficié d’effets encore plus importants et durables.
Ne pas oublier que nous sommes des animaux sociaux
Ce qui pourrait expliquer ces résultats ? Deux hypothèses se distinguent. D’abord, le fait de se consacrer aux besoins des autres peut nous aider à mettre de côté nos propres préoccupations, ce qui, à son tour, est bénéfique pour notre santé mentale. Ensuite, il est naturel chez les êtres humains de rechercher des liens sociaux. Ces connections engendrent un sentiment de satisfaction et, en fin de compte, cela entraîne une production de d’opamine, la fameuse hormone du bien-être.
Il s’agit d’un rouage essentiel, surtout pour ceux d’entre nous qui souffrent d’anxiété ou de dépression. Prendre soin de soi est important, il n’y a pas à dire. Pourtant, en se souciant des autres, on renforce de manière significative nos liens, ce qui peut optimiser notre sentiment de bien-être. Alors, si vous réfléchissez à de nouvelles habitudes à adopter, pourquoi ne pas envisager d’intégrer l’idée de réaliser au moins un acte de bienveillance par jour ?

