Impact des lancements spatiaux sur la couche d’ozone

En 1975, deux chimistes reconnus, Mario Molina et Sherwood Rowland, ont identifié des composés largement utilisés sur Terre, les fluorocarbones (CFC), comme étant responsables de la formation d’un trou dans la couche d’ozone. Cette découverte initialement sous-estimée a rapidement révélé l’urgence d’une action pour inverser cette situation alarmante. En 1989, le protocole de Montréal a été signé, aboutissant à une interdiction progressive des CFC. Depuis, on observe une lente fermeture de ce trou, mais les lancements spatiaux menacent à nouveau cet équilibre.

Pourquoi interdire les CFC n’a pas suffit

Les CFC, composés principalement de chlore, fluor et carbone, ont gagné en popularité à partir des années 1920. Ils étaient initialement conçus comme réfrigérants, mais ont vite été utilisés comme propulseurs d’aérosols et solvants. Molina et Rowland ont découvert que, face aux radiations ultraviolettes du soleil, les molécules de CFC libèrent des atomes de chlore. Ces atomes réagissent avec les molécules d’ozone, entraînant leur destruction.

Suite à cette découverte, l’interdiction des CFC a été mise en place. Aujourd’hui, leur utilisation est largement révolue, les désodorisants en spray et les systèmes de climatisation n’en contiennent plus.

Les lancements spatiaux et la couche d’ozone

Il ne faut pas ignorer l’impact des lancements spatiaux sur la couche d’ozone. Depuis plus de 30 ans, on sait que ces activités contribuent à son affaiblissement. Bien que les effets aient été minimes à l’époque, la croissance exponentielle des lancements complique la situation. En 2019, on comptait 97 lancements spatiaux à l’échelle mondiale, un chiffre qui a atteint 258 en seulement cinq ans.

Les projets ambitieux tels que ceux de Starlink, qui visent à envoyer un nombre considérable de satellites, ainsi que d’autres vols scientifiques, civils ou commerciaux, participent à cette augmentation. Il devient urgent de recalibrer les prévisions concernant les effets de cette activité sur la couche d’ozone.

Le problème majeur réside dans l’altitude à laquelle les contaminants sont libérés. Quand ces substances sont relâchées au sol, les conditions météorologiques telles que la pluie peuvent en atténuer les effets. En revanche, les émissions en haute altitude ne bénéficient d’aucun « lavage » naturel, ce qui intensifie leur impact. Les effets peuvent devenir jusqu’à 100 fois plus graves dans ces conditions.

Les composés néfastes des lancements spatiaux

Les principaux contaminants issus des lancements spatiaux incluent le chlore gazeux et les particules de suie. Le chlore détruit l’ozone de manière similaire aux molécules de CFC, tandis que les particules de suie augmentent la température ambiante, ce qui accélère les réactions chimiques menant à l’épuisement de l’ozone dans l’atmosphère.

Il existe des fusées utilisant des combustibles cryogéniques, qui ne génèrent pas ces polluants. Toutefois, ces technologies, plus difficiles à manipuler, représentent seulement 6 % des lancements.

Les perspectives d’avenir

Des scientifiques des universités de Canterbury et de Zurich ont développé une simulation pour évaluer l’impact futur des lancements spatiaux. Selon leurs prévisions, d’ici 2030, le nombre de lancements pourrait atteindre 2040. Si les tendances actuelles se maintiennent, cela pourrait entraîner une diminution de près de 0,3 % de l’épaisseur moyenne mondiale de l’ozone et des baisses saisonnières de jusqu’à 4 % en Antarctique.

Ces développements risquent de compromettre les avancées déjà réalisées dans la récupération de la couche d’ozone due à l’interdiction des CFC. En outre, les scientifiques craignent que les retours des fusées après leur mission n’aggravent encore davantage cette situation.

Il est essentiel d’explorer des moyens alternatifs pour propulser les fusées tout en se questionnant sur la nécessité de chaque lancement spatial. Au-delà des considérations économiques, il est crucial de se rappeler que la protection de la couche d’ozone concerne la planète tout entière. Il y a des conséquences que même les considérations financières ne sauraient ignorer.

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